En juin 2014, l’Etat islamique (EI, Daech) s’empare sans combat de Mossoul, et y proclame un califat irako-syrien qui transcende les lignes frontalières tracées lors des accords Sykes-Picot en 1916-1917 : une irruption mise en scène et médiatisée qui bouscule les lignes. Pour la coalition occidentale qui se forme alors contre Daech, le départ de Bachar Al-Assad n’est désormais plus prioritaire. Deux ans plus tard, alors que la stratégie des Occidentaux reste peu lisible, et que la Russie est intervenue directement en Syrie, l’emprise territoriale de l’EI a régressé – la reprise de Palmyre par le régime de Damas en mars 2016 ressortant cependant plus de l’argument propagandiste que d’une bataille décisive. Mais cette attrition de l’EI est contrebalancée par un essaimage djihadiste, sous la forme d’une séquence terroriste globalisée, des capitales européennes à l’Afrique sub-sahélienne, de la Turquie au Pakistan…

> J-P.Burdy,  « L’Etat islamique en 2016 : une territorialisation contenue, un essaimage globalisé», in Géopolitique du terrorisme , Les Grands dossiers de Diplomatie no 32, avril-mai 2016, 98p., p.26-30.