La livraison no 38 de Moyen-Orient consacre son dossier principal à la situation conflictuelle du golfe Persique, et en particulier aux tensions permanentes entre le Royaume d’Arabie saoudite et la République islamique d’Iran. Les pétromonarchies arabes du Golfe sont sommées de se positionner dans ce conflit: la « crise du Qatar« , qui déchire depuis l’été 2017 le Conseil de coopération du Golfe (CCG) en est l’une des dernières illustrations . Nous consacrons un article au royaume de Bahreïn, gouverné depuis la fin du XVIIIe siècle par la dynastie sunnite des Al Khalifa, étroitement liée à l’Arabie saoudite.

Dénonçant des discriminations politiques et sociales, la majorité chiite de la population (environ les deux tiers des 6 à 700000 nationaux) conteste depuis longtemps le régime de Manama. Lequel attribue cette agitation résiliente à des menées « sectaires [comprendre: chiites] directement encouragées par l’Iran. » La vision politique et sécuritaire du Bahreïn repose sur ce discours récurrent sur « la menace iranienne ». Au vu de l’histoire de l’archipel et du chiisme bahreïni, cette explication officielle paraît cependant fort peu étayée, sinon par une confessionnalisation instrumentale qui permet d’occulter la question démocratique. Nous développons plutôt la thèse de la prépondérance des dynamiques nationales dans les tensions qui secouent depuis des années, sinon des décennies, ce royaume vassalisé par Riyad.

> J-P.Burdy,  « Bahreïn : la prépondérance des dynamiques nationales », in : Golfe persique. Vers une nouvelle guerre froide ? Paris, Ed.Areion, Moyen-Orient no 38, avril-juin 2018, 98p., p.36-41 .