La photo d’une mère et de son enfant sans abri dormant dans un bus public de nuit a été publiée début janvier dans un long reportage de l’agence de presse semi-officielle ISNA, intitulé « Bus de nuit / اتوبوس شب. » Elle est d’abord apparue sur les réseaux sociaux, puis a été reprise dans plusieurs médias, sous la légende « Les dormeurs des bus / Bus sleepers ». Elle illustre la pauvreté croissante qui ne permet plus à des travailleurs pauvres (souvent des femmes seules avec enfants, mais aussi des personnes âgées) de payer un loyer, compte tenu de l’inflation exponentielle des loyers dans la capitale et ses banlieues (estimée à au moins +50 % en 2021 ; le logement peut absorber entre 60 et 70 % des revenus des ménages).

La paupérisation sociale s’est accélérée ces dernières années sous l’effet des sanctions américaines et de l’épidémie de coronavirus. Mais elle est aussi l’un des résultats de décennies de mauvaise gestion de l’économie et d’une corruption systémique qui enrichit, par contraste, les groupes au pouvoir, parmi lesquels le népotisme joue à plein.

Les médias les plus proches des conservateurs ont, sans surprise, essayé de contrer l’impact de cette photographie et de plusieurs reportages sur les sans-abris « dormeurs des bus » en accusant « une campagne contre l’Iran menée depuis l’étranger » ; et les « bus sleepers » d’être des drogués (ce qui est en partie vrai, compte tenu de l’ampleur de la consommation de drogues au sein de la population) . Arguments qui, évidemment, n’apportent pas de solution concrète aux problèmes de pauvreté et de misère sociale.


Source : Reportage-photo d’ISNA, publié début janvier 2022 : https://www.isna.ir/photo/1400101107162/


Quelques-unes des photos du reportage d’ISNA, réalisé fin décembre 2021